Comment choisir une assurance crédit en Suisse

two people shaking hands

 


1) Ce qu’on appelle “assurances” dans un crédit privé

Dans le langage des prêteurs, il y a souvent un mélange de 3 choses :

  1. Assurance emprunteur (la vraie assurance)
    → décès / invalidité / incapacité de travail (et parfois chômage)
  2. Services associés (pas une assurance, mais vendu pareil)
    → “protection paiement”, assistance, conseils juridiques, accompagnement
  3. Frais et options de contrat (encore autre chose)
    → frais de dossier, options de report d’échéance, clauses de renégociation, etc.

👉 L’objectif commercial est simple : te donner le sentiment de sécurité (“tu es couvert”), mais il faut vérifier ce qui est réellement couvert et à quelles conditions.


2) Le schéma de base : qui est protégé et qui reçoit l’argent ?

Le bénéficiaire est presque toujours le prêteur

Quand il y a un sinistre, dans la majorité des cas :

  • l’assurance paye le prêteur (banque/organisme),
  • pas toi.

Ça change beaucoup de choses :

  • ça sécurise le remboursement,
  • mais ça ne t’aide pas forcément à payer ton loyer, ta nourriture, etc.

👉 Pour ta vie quotidienne, ce sont tes assurances personnelles (accident, indemnités journalières, LPP…) qui comptent. L’assurance du crédit protège surtout le crédit.


3) Les garanties : ce qui se passe “en vrai” pour chaque scénario

A) Décès

Mécanisme :

  • au décès, l’assureur règle le solde restant dû au prêteur.
  • le crédit s’arrête.

Points qui font la différence :

  • Couverture à 100% ou partage si co-emprunteurs
  • Exclusions (ex. suicide au début, risques extrêmes)
  • Formalités : certificat de décès + documents du prêteur

✅ C’est la garantie la plus simple et la plus “mécanique”.


B) Incapacité de travail (arrêt maladie / accident) – la plus fréquente

C’est le cas typique : tu es en arrêt, tu gagnes moins (ou tu ne peux plus travailler), et les mensualités deviennent lourdes.

Mécanisme :

  • tu déclares ton arrêt,
  • tu fournis les certificats médicaux,
  • l’assurance commence à payer après une franchise (30/60/90 jours, parfois plus),
  • elle paie ensuite les mensualités selon le contrat.

Les 4 zones à risque :

  1. Franchise : 60 jours, c’est énorme si tu n’as pas d’épargne.
  2. Durée max d’indemnisation : ex. 12 mois, 24 mois, ou “jusqu’à guérison” (rare).
  3. Ce qui déclenche : arrêt total vs arrêt partiel, reprise à 50%, etc.
  4. Contrôle : l’assureur peut demander contre-expertise.

👉 Beaucoup de gens découvrent après coup qu’ils doivent payer 2 à 3 mensualités “dans le vide” avant que ça démarre.


C) Invalidité (long terme)

C’est quand tu ne peux plus exercer durablement, ou seulement partiellement.

Mécanisme :

  • l’assureur prend une décision selon son barème (et pas forcément celui de l’AI/assurance publique),
  • si tu dépasses un taux minimal (ex. 66%, 50%, etc.), il paie :
    • soit les mensualités,
    • soit une partie,
    • soit le solde (plus rare).

Le point le plus important : la définition

  • “Incapable de ta profession” (plus favorable)
    vs
  • “Incapable de toute profession” (beaucoup plus dur à déclencher)

👉 Deux contrats peuvent sembler identiques, mais celui en “toute profession” indemnisera beaucoup moins souvent.


D) Perte d’emploi (chômage)

C’est la garantie “marketing” par excellence : rassurante, mais très encadrée.

Mécanisme standard :

  • tu dois être salarié en CDI, hors période d’essai,
  • licenciement non fautif (pas démission, pas rupture d’un commun accord selon contrats, pas fin de CDD),
  • délai d’attente (carence) souvent 3 à 6 mois après signature,
  • franchise (souvent 30/60/90 jours),
  • indemnisation partielle (ex. 50% de la mensualité) et limitée (ex. 6 à 12 mois max).

👉 Pour les indépendants : en général ça ne sert à rien, ou ça ne s’applique pas.


4) Le nerf de la guerre : carence, franchise, plafonds

Tu dois distinguer 3 notions qui se ressemblent mais n’ont pas le même effet.

Carence

Période au début du contrat où tu n’es pas couvert.
Exemple : tu signes aujourd’hui, carence 30 jours → accident demain = pas couvert.

Franchise

Période après le sinistre où tu n’es pas indemnisé.
Exemple : franchise 60 jours → arrêt maladie = tu payes 2 mois avant que l’assurance commence.

Plafonds / limites

  • montant max payé par mois
  • durée max de paiement
  • nombre de sinistres
  • âge limite (ex. jusqu’à 65 ans)

✅ Un contrat peut être “actif”, mais pratiquement inutile si franchise et plafonds sont trop défavorables.


5) Forfaitaire vs indemnitaire : le détail qui change tout

Forfaitaire

L’assurance paie la mensualité définie (ou un % fixe), sans recalcul compliqué.

Indemnitaire

Elle paie selon ta perte de revenu réelle (souvent moins, souvent plus litigieux).

👉 Si tu veux une couverture qui “tient” en cas de pépin, le forfaitaire est souvent plus lisible.


6) Questionnaire santé : pourquoi c’est critique

Sur un crédit privé, le questionnaire est parfois léger, parfois sérieux.

Ce que l’assureur peut faire

  • Accepter au tarif normal
  • Surprime (plus cher)
  • Exclusions ciblées (ex. dos/psy)
  • Refus

Piège majeur : l’omission

Même “oubliée”, une information peut permettre à l’assureur de refuser le sinistre si elle est jugée déterminante.

✅ Conseil pratique : répondre de façon exacte, et garder une copie de ce que tu as déclaré.


7) Sinistre : comment ça se passe “administrativement”

  1. Déclaration (délai à respecter)
  2. Dossier médical + documents du prêteur
  3. Analyse / médecin-conseil
  4. Décision (acceptation totale/partielle/refus)
  5. Paiement au prêteur

Ce que peu de gens anticipent :

  • pendant l’étude du dossier, tu peux devoir continuer à payer,
  • si tu paies en retard, tu te prends les pénalités du crédit, même si “tu es assuré”.

👉 Donc l’assurance ne remplace pas une stratégie de sécurité (épargne, plan B, négociation d’échéances).


8) Quand l’assurance est utile, et quand elle est surtout un coût

Elle est souvent utile si :

  • tu n’as pas 3 à 6 mois de réserve
  • tu as des personnes à charge
  • ton emploi est instable ou ton métier exposé (physique)
  • le crédit est long et la mensualité élevée

Elle est souvent discutable si :

  • tu as déjà une excellente couverture (employeur / assurances privées)
  • tu es indépendant (chômage inutile)
  • le contrat est plein d’exclusions
  • franchise longue + plafond faible → couverture “théorique”

9) Les bons réglages selon ton profil (très concret)

Profil salarié stable, bonne couverture employeur

  • décès : oui si famille / engagement important
  • incapacité : oui, mais franchise raisonnable (30–60 jours)
  • chômage : à évaluer (souvent pas indispensable)

Profil salarié “tendu” (budget serré)

  • incapacité : franchise courte (30 jours si possible)
  • forfaitaire plutôt qu’indemnitaire
  • plafonds : vérifier que ça couvre bien la mensualité complète

Profil indépendant / entrepreneur

  • chômage : quasi toujours inutile
  • incapacité : très utile si tu n’as pas d’indemnités journalières privées
  • priorité : cohérence entre assurance du crédit et couverture pro/perso

Crédit court (12–24 mois)

  • assurance parfois peu rentable si le coût est élevé
  • mieux vaut parfois une réserve de cash

Crédit long (36–84 mois)

  • le “risque de vie” augmente : assurance plus logique
  • mais attention au coût total

10) Checklist “anti-arnaque” avant signature

Tu peux littéralement copier-coller ça et t’en servir :

  • Quelles garanties exactement (décès / incapacité / invalidité / chômage) ?
  • Carence au début : combien de jours ?
  • Franchise : combien de jours ?
  • Forfaitaire ou indemnitaire ?
  • Plafond mensuel : couvre-t-il 100% de la mensualité ?
  • Durée max d’indemnisation : 12 mois ? 24 mois ? jusqu’à reprise ?
  • Exclusions principales (dos, psy, sports, antécédents) ?
  • Qui est payé (toi ou prêteur) ?
  • Coût total sur la durée : combien en CHF au total ?
  • Conditions de résiliation : peux-tu arrêter l’assurance sans pénalité ?

Lire https://multicredit.ch/fr/assurance-credit-se-poser-les-bonnes-questions/ pour s’informer plus encore !


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